Brève 8

Quelle durée de prise en charge chez un enfant présentant des troubles du langage écrit ?

Une question qu’il est peut-être judicieux d’aborder dès le bilan.

Lors de la fin du compte rendu du bilan, l’orthophoniste fait une demande au parent, devant l’enfant déjà âgé de 7/8ans : autorise-t-il que cela soit l’enfant, qui décidera quand arrêter la prise en charge qui va démarrer ?

Cette question peut paraître surprenante, prématurée, en début de prise en charge. Pourtant elle est capitale. Elle remet le sujet « au centre », avec son trouble. Elle tente de donner un « espace » à l’enfant.

Agathe demande d’arrêter. Tout n’a pas été vu ? Ce n’est pas grave elle reviendra peut-être…

Beaucoup de règles de grammaire ont été travaillées, mais Michel veut continuer à venir. Qu’il continue…

Ainsi une prise en charge de dysorthographie peut durer 6 mois pour l’un, deux ans pour l’autre.

Tant que l’enfant en a le désir, il peut venir. L’orthophoniste est à la disposition du sujet… Elle est son secrétaire…

Et comme le dit le dicton, « on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif », alors autant que cela soit l’enfant qui décide, et éviter les rééducations qui durent 4 ou 5 ans …

Faut-il encore que l’enfant puisse faire une demande …



3 commentaires sur “Brève 8”

  1. J implique toujours l enfant. Il est celui qui vient travailler. Et avant chaque période d éventuel renouvellement, je demande d abord à l enfant si je dois refaire les papiers pour qu on puisse continuer ou s il se sent prêt à continuer sans l aide en orthophonie. Puis je parle avec les parents.
    Pour autant il y a des prises en charge qui durent plusieurs années. Parce que l enfant souhaite la poursuite et qu il puise dans cet espace qui lui est réservé la force de poursuivre ses efforts malgré ses difficultés et des moments difficiles.
    J ai rencontré de jeunes gens adultes maintenant qui me disent à quel point cet espace a été soutenant lors des passages difficiles. Et les parents témoignent de cela aussi
    Une rééducation longue n est pas forcément une prise en charge qui s eternise si l enfant en est l acteur et le sujet.

  2. Je suis tout à fait d accord avec votre commentaire. Une rééducation peut être longue si l enfant ou l adolescent est acteur et sujet… Mais j ai eu des cas d adolescents qui venaient chez moi dégoûtés de l orthophonie après 4 ou 5 années de rééducation «  subies ».

  3. Anne-Marie FERNEZ

    Merci pour vos brèves qui, en peu de mots, amènent la réflexion.
    Votre brève 8 en suscite deux pour ma part:
    1) « Que l’enfant puisse faire une demande »: cela demande parfois du temps, le temps pour l’enfant de prendre la mesure de l’offre qui lui est faite d’être acteur de son évolution, et cette demande n’est pas forcément explicite. On s’arrête trop souvent, pour évaluer la demande de l’enfant, à la réponse qui serait faite pas l’enfant à la question « est-ce que tu es d’accord pour venir travailler ». Le concept de demande dans le cadre d’un travail sur le langage avec les enfants prenant appui sur une éthique analytique mériterait d’être précisé.
    2 Pas grave, en effet, si « tout n’a pas été vu »: il n’y a pas à avoir un objectif d’exhaustivité, il ne s’agit pas d’une cours particulier, il ne devrait pas s’agir d’un apprentissage, mais de la remise en route d’une dynamique et d’une modification du rapport à la langue. Quand cette dynamique est de nouveau, ou enfin, opérante, on le perçoit de bien des façons, indépendamment des « progrès » qui ne sont pas le seul critère d’arrêt du suivi. Une des façons parfois de le signifier pour l’enfant c’est de mettre en balance avec les séances quelque chose de nouveau qu’il investit.

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