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Brève 56: Introduction aux brèves illustrant des cas de « bilinguisme », d’enfants aux prises avec deux langues.

L’enfant aux prises avec deux langues : une mosaïque de cas.

Sur la planète, le nombre d’enfants aux prises avec deux langues s’accroit d’années en années. Les migrations, les déplacements, les obligations professionnelles, les « Erasmus », la mondialisation dans tous les domaines amènent des enfants à se retrouver au contact avec deux langues.

Les orthophonistes travaillant tant en institutions qu’en cabinet libéral n’échappent pas à cette réalité. Des parents accompagnés d’enfants entendant deux ou plusieurs langues frappent à leur porte, pour un bilan, une prise en charge.

Bien sûr les orthophonistes ne rencontreront pas les « réussites » du bilinguisme, ces enfants – souvent enfants de cadres supérieurs – qui maitrisent dès leur plus jeune âge les deux langues maternelles des parents et pratiquent dès 4 ans un code switching, jouant et passant d’une langue à l’autre sans souci. 

Toutefois, s’agit-il toujours de bilinguisme ? Et s’il y a deux langues, tous les cas se ressemblent-ils ?

Vont être présentées dans les brèves qui vont suivre, une mosaïque de cas rencontrés en cabinet ou en CMP.

Que se cache-t-il derrière l’expression : enfants aux prises avec deux langues ?

  • Au niveau géopolitique, ces langues que l’enfant côtoie ont-elles le même statut dans le monde d’aujourd’hui ?
  • L’enfant vient-il d’une famille issue d’une immigration ? Récente, ancienne ?
  • L’enfant est-il issu d’un couple mixte où chaque parent a une langue maternelle différente ?
  • Les parents maitrisent-ils ces deux langues à l’oral, à l’écrit ?
  • S’agit-il d’un mineur qui arrive de l’étranger et parle deux langues dont l’anglais parlé dans son pays africain anglophone ?
  • Les deux parents sont-ils arrivés en France au même moment ?

Voici quelques questions introductives qui vont s’expliquer dans la présentation des brèves qui vont suivre.

En aucun cas, je prétends faire un tour exhaustif des cas d’enfants aux prises avec deux langues en France.  

Les présentations de cas visent à souligner l’extrême variété rencontrée. Le projet est de partager quelques approches singulières qui sont des pistes non conformes mais utiles face à des situations souvent complexes. Des approches imprégnées  souvent – mais pas que – par une éthique psychanalytique.

La première rencontre, lors du bilan avec ces différents axes,  reste importante. Je cherche à glaner le plus d’éléments sur la situation de cet enfant entre deux langues. Nous verrons dans la brève suivante combien ce bilan a été enrichi pour ces enfants. Toutes les informations ne seront pas glanées, en une fois, mais c’est au cours des premières séances que l’ensemble des axes du bilan sera complété.

Ces brèves se veulent un hommage à toutes ces familles aux prises avec des langues qui tentent avec les moyens qui sont les leurs à naviguer entre les langues.

Enfin, il est nécessaire de rappeler – même si c’est une évidence – , que plus la prise en charge se fera tôt (entre 2 et 4 ans), plus les progrès seront nets et fructueux.

Brève 56. Introduction aux brèves illustrant des cas de « bilinguisme », d’enfants aux prises avec deux langues.

L’enfant aux prises avec deux langues : une mosaïque de cas.

Sur la planète, le nombre d’enfants aux prises avec deux langues s’accroit d’années en années. Les migrations, les déplacements, les obligations professionnelles, les « Erasmus », la mondialisation dans tous les domaines amènent des enfants à se retrouver au contact avec deux langues.

Les orthophonistes travaillant tant en institutions qu’en cabinet libéral n’échappent pas à cette réalité. Des parents accompagnés d’enfants entendant deux ou plusieurs langues frappent à leur porte, pour un bilan, une prise en charge.

Bien sûr les orthophonistes ne rencontreront pas les « réussites » du bilinguisme, ces enfants – souvent enfants de cadres supérieurs – qui maitrisent dès leur plus jeune âge les deux langues maternelles des parents et pratiquent dès 4 ans un code switching, jouant et passant d’une langue à l’autre sans souci. 

Toutefois, s’agit-il toujours de bilinguisme ? Et s’il y a deux langues, tous les cas se ressemblent-ils ?

Vont être présentées dans les brèves qui vont suivre, une mosaïque de cas rencontrés en cabinet ou en CMP.

Que se cache-t-il derrière l’expression : enfants aux prises avec deux langues ?

  • Au niveau géopolitique, ces langues que l’enfant côtoie ont-elles le même statut dans le monde d’aujourd’hui ?
  • L’enfant vient-il d’une famille issue d’une immigration ? Récente, ancienne ?
  • L’enfant est-il issu d’un couple mixte où chaque parent a une langue maternelle différente ?
  • Les parents maitrisent-ils ces deux langues à l’oral, à l’écrit ?
  • S’agit-il d’un mineur qui arrive de l’étranger et parle deux langues dont l’anglais parlé dans son pays africain anglophone ?
  • Les deux parents sont-ils arrivés en France au même moment ?

Voici quelques questions introductives qui vont s’expliquer dans la présentation des brèves qui vont suivre.

En aucun cas, je prétends faire un tour exhaustif des cas d’enfants aux prises avec deux langues en France.  

Les présentations de cas visent à souligner l’extrême variété rencontrée. Le projet est de partager quelques approches singulières qui sont des pistes non conformes mais utiles face à des situations souvent complexes. Des approches imprégnées  souvent – mais pas que – par une éthique psychanalytique.

La première rencontre, lors du bilan avec ces différents axes,  reste importante. Je cherche à glaner le plus d’éléments sur la situation de cet enfant entre deux langues. Nous verrons dans la brève suivante combien ce bilan a été enrichi pour ces enfants. Toutes les informations ne seront pas glanées, en une fois, mais c’est au cours des premières séances que l’ensemble des axes du bilan sera complété.

Ces brèves se veulent un hommage à toutes ces familles aux prises avec des langues qui tentent avec les moyens qui sont les leurs à naviguer entre les langues.

Enfin, il est nécessaire de rappeler – même si c’est une évidence – , que plus la prise en charge se fera tôt (entre 2 et 4 ans), plus les progrès seront nets et fructueux.

La rééducation à domicile est souvent demandée lorsque tout déplacement du patient est impossible : Après un accident neurologique, un accident vasculo-cérébral, un grave accident de voiture chez un jeune adulte avec des séquelles neurologiques sévères, lors d’une maladie neuro- dégénérative.

 La place de l’orthophoniste est-elle la même qu’en cabinet ?

Bien sûr elle va pratiquer les exercices techniques correspondant à la rééducation des troubles neurologiques. Toutefois d’autres éléments vont vite intervenir dans la prise en charge à domicile. 

L’orthophoniste va- t- elle pouvoir pratiquer la rééducation seule avec le patient dans une pièce de la maison ? Peut-être que oui, peut-être que non. Il m’est fréquemment arrivé que la femme du patient reste présente toute la séance, dans l’incapacité de laisser son mari seule avec moi. Ou bien la séance se faisait dans la cuisine à trois. Cette situation est imposée de fait à l’orthophoniste, elle n’est pas discutable. Elle est impuissante à agir sur cette situation, témoignage de liens qui unissent deux personnes depuis plusieurs dizaines d’années. La présence d’un tiers, dérange, empêche un travail plus serré avec le patient, mais l’orthophoniste doit faire avec …

Sa venue régulière dans le nouveau contexte de cette famille, fait apparaître aussi d’autres rôles pour elle, jamais explicités mais implicitement existants. L’orthophoniste est celle qui « va remettre d’aplomb » le patient, qui va lui faire récupérer toutes ses capacités… Des questions angoissées sont souvent posées « Vous pensez qu’il va récupérer ? » « Dans combien de temps ? » A Cette demande adressée à l’orthophoniste, la réponse sera adaptée, honnête, prudente, corroborée à la situation clinique qu’a observé l’orthophoniste, chez le patient.

Ces questions sont aussi le signe du travail de deuil qui a commencé à se mettre en place chez l’aidant, travail douloureux, dont l’orthophoniste va être témoin, étapes du deuil qui vont commencer au cours des semaines où elle viendra suivre le patient en rééducation. L’angoisse des membres de la famille, le déni, puis le travail de deuil, sont des éléments que va rencontrer l’orthophoniste, régulièrement aux côtés de cette famille. Elle devra s’y attendre, savoir que ces mécanismes conscients et inconscients vont être présents, les prendre en compte.

Mais, par sa présence régulière, tout comme l’infirmière, le kinésithérapeute elle va être – qu’elle le veuille ou non- un soutien pour la famille et témoin de l’élaboration de ce deuil face à la personne que cette famille a « perdu ». En effet, la personne atteinte risque de ne plus être comme avant.  Au-delà des réponses qu’elle donne, c’est aussi cet accompagnement souvent bi hebdomadaire qui va soutenir cette famille atteinte par les traumatismes de la vie.

En s’engageant dans une prise en charge à domicile, l’orthophoniste sait qu’elle n’échappera pas à cette position d’accompagnement.  

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