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Brève 49 :  Recueillir le travail du patient mis en position de « sujet », lors de l’automatisation de la position de la langue. 

Ce dernier temps de la rééducation linguale est le plus difficile. Il a comme cadre les quinze ou seize heures où le patient est éveillé. L’exercice consiste à vérifier la position de sa langue, toute la journée.

Je donne un code graphique pour les positions linguales possibles : Une flèche dirigée vers le haut dans un rond, si la langue est bien positionnée en haut ; une flèche dirigée vers le bas dans un rond, si la langue est positionnée en bas ; une flèche dirigée horizontalement dans un rond, si la langue est au milieu ; un point d’interrogation dans un rond, si le patient ne peut pas localiser la place de sa langue dans la bouche. Le patient apprend et recopie les codes sur son carnet d’orthophonie[1].

Pour un collégien, ou pour un enfant de l’école primaire, les sonneries de fin de cours sont le moment où je demande un contrôle de la langue. Aussi il trace un tableau hebdomadaire vierge avec les heures des sonneries,-qu’il se remémore- sur son carnet. Je lui donne un post-it placé dans la trousse de stylos qui lui permet rapidement de noter à chaque fois la position de la langue. Le soir il recopie les relevés, aux heures notées sur son carnet. Il fait un ou deux relevés supplémentaires chez lui. Pour les journées passées à la maison, une programmation d’une alarme sur un téléphone portable toutes les deux heures est un bon rappel.

 Par jour, je demande de noter sept à huit relevés, avec les heures des sonneries ou des alarmes.

Ce travail demande une mobilisation du sujet : il fait attention à la sonnerie et note le code graphique correspondant à ce qu’il observe sur lui. Il doit s’approprier sa langue dans sa bouche. Comment je la sens ? Où est-elle ? En haut ? En bas ? Le sujet doit s’observer et il est le seul à pouvoir le faire.

Si l’enfant est trop petit ou présente des troubles qui lui rend impossible de pratiquer seul cet exercice, les parents peuvent être mis à contribution.

Que se passe -t -il pendant la séance d’orthophonie ?

Le patient fait « une narration de sa semaine » : les difficultés, les surprises, les contre temps qu’il a rencontrés. « je suis allé samedi chez ma grand-mère, et j’avais oublié mon carnet ». Il donne ses relevés, en s’appuyant sur le tableau des colonnes quotidiennes, Nous calculons le pourcentage pour chacune des quatre positions linguales.  Quand il obtient cent pour cent de position linguale en haut, la rééducation est terminée.

Quelle position a l’orthophoniste ?

Elle est simplement « réceptacle » du travail du patient, des relevés qu’il rapporte et qui factualisent ses résultats.  Exemple : « mardi j’ai compté, j’en ai eu 5/ 8 de bien placé » ou bien « J’ai tout compté j’en suis à 87 % » Elle est attentive à ce qu’il dit sans porter de jugement.  Par le calcul des pourcentages, elle se fait simple écho du travail du patient et met ainsi le patient face à son désir de réussir.


[1] Voir brève 22

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