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Brève 48.  Le sujet et l’exercice de « double tâche », lors d’une rééducation de déglutition infantile

  • Lorsque la musculation linguale est suffisante, je passe à l’exercice de « double tâche » : L’objectif simple est expliqué au patient : avoir une attention sur deux tâches. Effectuer un exercice silencieux tout en veillant à ce que la langue quitte le moins possible sa place en haut derrière les dents, sans les toucher. Un petit élastique d’orthodontie placé entre l’apex et le palais peut être une aide à la proprioception. Le patient le prend ou non en fonction de ses besoins personnels.
  • L’enfant ou l’adulte choisit un exercice silencieux dans la proposition que je lui fais : petits puzzles d’art à reconstituer, exercice du jeu « Logix[1] », lecture silencieuse, jeux avec des Kapla sur la table, écoute de musique, écoute d’une histoire lue par moi-même, dessins libres, pâte à modeler, jeux de cartes silencieux, mémory, jungle speed silencieux. Je le laisse choisir dans un esprit totalement désintéressé.
  • Le temps de la double tâche va augmenter au fil des séances. De deux minutes, cinq minutes, dix minutes il pourra durer jusqu’à vingt-cinq minutes. Un chronomètre est mis à la disposition du patient pour qu’il puisse arrêter l’exercice, le temps écoulé.
  • Même si je peux être amenée à jouer, mon seul « travail » est de regarder le patient, son visage et de vérifier l’absence de petits pincements des lèvres lors de chaque déglutition, signe que la langue ne bouge pas de sa position. Ni le téléphone portable, ni un quelconque dossier informatique ou papier ne retient mon attention. Puis nous faisons une mise en commun. Comment cela s’est passé, ce qu’il a senti dans sa bouche, puis de mon côté ce que j’ai vu.
  • En fin de séance, une discussion s’engage pour que le patient détermine quel moment dans sa journée va lui permettre de pratiquer l’exercice. L’enfant va devoir chercher dans son quotidien le moment propice pour faire cette double tâche silencieuse. S’il n’a pas d’idée je lui en suggère quelques-unes : « Un moment de jeu électronique ? un trajet en métro ? Un trajet en voiture pour aller à l’école ?  Une copie de devoirs ? Un moment de télévision ? Un moment de lecture ?  Une alarme de téléphone portable (personnel ou emprunté à un parent) lui permet de limiter le temps nécessaire, et de noter sur son cahier chaque jour, l’activité et le temps qu’il a consacré.
  • Gérer le temps, penser à l’exercice chaque jour, noter sur son carnet fait partie « de la mise au travail ». Les patients se prêtent au jeu et reviennent raconter la séance suivante ce qu’ils ont fait dans la semaine.
  • Ils viennent déposer…Le terme déposer me paraît assez exact dans le sens où ils me présentent « leur activité de double tâche journalière » sans que j’en porte aucun jugement. Ils explicitent ce qu’ils ont fait, comment ils l’ont fait, et j’en prends acte.

[1] Jeu de placement de pions faisant intervenir la déduction logique.

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