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Brève 36

De qui provient la demande de bilan ?

On me demande un bilan. Qui fait la demande de bilan ?  De qui provient cette demande ?

Pour illustrer mon propos, l’image du caillou jeté dans un étang aux eaux calmes est une bonne illustration.

  •  Le premier rond le plus près de l’impact du caillou symbolise la situation où ce sont les parents qui s’inquiètent : ils trouvent que leur enfant balbutie trop en lecture, ânonne à la fin du CP. Ils ont remarqué, observé les difficultés de leur enfant, ils sont inquiets, ils décident de consulter.
  • Le deuxième rond un peu plus éloigné symbolise le cas suivant : « C’est la maitresse qui nous a dit de venir. Elle dit qu’il ne suit pas en classe, qu’il n’apprend pas les sons, qu’il confond le b et le d qu’elle a déjà expliqué. Elle nous a dit de voir un orthophoniste, alors on vient. » Dans ce cas les parents répondent à un conseil, voire presque à une injonction. « Il faut de l’orthophonie pour notre enfant », mais ils ne seraient pas venus d’eux même. Ils ne sont pas inquiets, ils « obéissent ».
  • Le troisième rond, un peu plus éloigné symbolise la situation suivante : « C’est le docteur qui nous a dit de venir ». « Le docteur ? » : « Oui le docteur de l’école ». En effet les parents ont été convoqués par le médecin scolaire généralement en maternelle, qui leur a spécifié que leur enfant avait un retard de langage oral et qu’il fallait de l’orthophonie.

    Mon attitude sera différente face à ses trois situations possibles.

            Dans le deuxième et troisième cas, je vais creuser sur ce qu’en pensent-eux- les parents. Les titiller sur cette démarche qu’ils font malgré eux. Ont-ils observé quelque chose ? Ont-ils des éléments de comparaison avec d’autres enfants de la famille, des cousins ? Des membres de la famille ont-ils repéré quelque chose ? Ont-ils fait parfois des réflexions ?« Ma mère me dit qu’elle trouve qu’il parle mal, mais moi non, c’est mon bébé » dira un jour une mère.

Quel est l’objectif en titillant les parents ? L’objectif est d’essayer que les parents commencent à ouvrir les yeux sur les difficultés de leur enfant ; commencent à se mettre en route, sans aucune culpabilité à observer ce que fait, ce que dit leur enfant…

On ne peut pas changer quelque chose si on n’a pas vu que quelque chose clochait. Le premier pas vers le changement c’est voir, observer.

C’est une façon d’éviter les absences ou les abandons de la prise en charge. Si on n’engage pas un peu les parents dans cette problématique dès le départ, très vite ils peuvent ne pas voir l’utilité de venir mais n’osent pas le dire.
Perdre du temps au départ, pour discuter avec les parents est très utile. C ’est en gagner plus tard. C’est travailler sur l’engagement (qu’ils vont prendre dans leur tête) dans le suivi de leur enfant.

2 commentaires sur “Brève 36”

  1. PEGUET Élisabeth

    La demande est fondamentale. Que proposer comme soin quand la famille n’est là que parce que « des bilans » ont été demandés par l’école ou tout autre entité.

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