Brève 35

C’est la faute de …

Il arrive que pendant le bilan, la responsabilité des troubles soit mise sur autrui comme par exemple l’école. Le parent explique : « mon enfant a des troubles de la lecture car au CP, sa maîtresse a été souvent absente, il n’y avait pas toujours de remplaçants. On peut entendre aussi : « il y avait deux niveaux dans la même classe et il n’a pas bien pu apprendre à lire ». L’erreur vient des autres, de l’autre.

Porter la faute sur l’autre permet d’avoir une attitude de victime, dans lequel les parents et l’enfant se sont installés. J’entends ces remarques, je les note, mais je n’en dis rien, même si je ne partage pas cette analyse.

Le travail de l’orthophoniste est alors de « sortir » l’enfant de cette position de victime, de « pas chanceux », pour qu’il devienne acteur de sa rééducation. Travailler à le mettre sur le chemin d’être en position de sujet. 

Mais qu’est-ce que cela veut dire ?

Arriver à ce qu’il s’engage sur les actes qu’il pose, le mettre en face de ses actes et les analyser ensuite sans aucun jugement.

Des exercices peuvent permettre de mettre en pratique cela.

En voici trois exemples :

1. Dans une partie de 7 familles, (travail de la logique) l’enfant demande une carte qu’il (nous le découvrirons plus tard) avait dans son jeu. Mon attitude est de dire simplement factuellement que je n’ai pas cette carte. La partie terminée, il sera intéressant d’analyser comment demander une carte qu’il a dans son jeu l’a empêché de gagner. Comment son acte a des conséquences.

2.Lors d’un exercice à trous :

Le mettre en position de mini challenge. « Combien penses-tu que tu vas réussir de réponses dans cet exercice à trous ». La réponse est souvent : « je ne sais pas ». Arriver alors qu’il fasse une hypothèse personnelle. Analyser ensuite avec lui le décalage ou la concordance entre son hypothèse et le résultat réel. 

3. Dans un exercice de quelques mots dictés, arriver à ce qu’il discrimine, et souligne d’une couleur différente :

– Les mots qu’il pense « justes », sans erreurs,

– Les mots où il est sûr qu’il y a une erreur mais il ne sait pas quoi.

– Les mots où il ne sait pas s’il y a erreur ou non.

Ce pointage précieux permet à l’orthophoniste de voir déjà la représentation des erreurs chez l’enfant. Perçoit-il où il y a problème ? Le premier travail de l’orthophoniste sera de lui dire son accord ou son désaccord sur ces hypothèses. Oui il y a effectivement une erreur sur ce mot. Non il n’y en a pas.

A travers de simples exercices comme ci dessus, arriver à ce que l’enfant se mobilise, se mette en mouvement, s’approche lentement d’un changement de position. Quitter celle de « victime » à celle d’acteur, concerné par ses troubles et pas à pas avançant dans une mobilisation personnelle, vers une amélioration de ses troubles dont il est l’auteur.

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