Brève 21

« La chemise à élastiques »

Lors de la première séance de prise en charge, je demande à l’enfant et à lui seul, d’apporter une chemise avec élastiques pour l’orthophonie.

J’explique avec détail, ma demande : « Tu peux apporter une chemise neuve que tes parents t’achètent ou une vieille qu’ils ont à la maison, cela n’a pas d’importance. Cette chemise restera dans le bureau, et tout ce qui sera écrit dedans ne sera montré à personne. Cela restera secret. Elle servira à ranger tout le travail, les exercices, les dessins, les croquis, les règles de grammaire, tout le travail que nous allons faire… A la dernière séance d’orthophonie, tu pourras remporter ta chemise si tu le souhaites, mais pas ce qui est dedans qui restera dans le bureau ».

Quel est le projet ? A travers cette demande de chemise, je cherche à voir quand l’enfant va arriver à se faire entendre auprès de ses parents, à quel moment va-t-il être capable de s’engager dans une relation transférentielle avec moi.

Pourquoi la chemise ne repart-elle pas avec les fiches à la maison ? D’une part parce que la confidentialité serait rompue, d’autre part parce qu’il est important que l’enfant ait mémorisé mes fiches, qu’il n’ait plus besoin de support.

Le temps que va mettre la chemise, pour « arriver dans le bureau » est très variable : deux semaines, quelques mois ou plusieurs années. Quand j’évoque le sujet en début de séance, l’enfant répond : « j’ai oublié, maman n’en a pas, je n’y ai pas pensé ». Mais il y a toujours un jour où la chemise à élastiques est là.

L’arrivée de la chemise signifie, pour moi, que le transfert avec cet enfant est opérationnel, réel.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.