Brève 18

Les premières secondes du bilan orthophonique avec un enfant de plus de 6 ans : un entretien en tête à tête. 

Lors d’un nouveau bilan, dès que l’enfant et son accompagnant sont entrés dans le bureau, je ne laisse pas le temps aux personnes de s’installer.

L’enfant est à peine assis que je commence à m’adresser à lui, avec un regard serré, constant, volontairement insistant. Je lui pose des questions très simples : « comment t’appelles-tu ? », « quel âge as-tu ? », « avec qui vis-tu ? », « en quelle classe es-tu ? ».

Je vais noter ses réponses, noter si elles sont assurées ou non, j’observe s’il y a des coups d’œil vers le parent, coups d’œil furtifs de réassurance ou coups d’œil qui peuvent signifier « Au secours, aide-moi ». Je remarque aussi si le parent vient à son secours ou s’il le laisse répondre seul.

Parfois, face à un parent ou une maman qui prend ou tente de prendre la parole, je dis « Excusez-moi, je vais d’abord parler avec votre enfant ».

J’écouterai dans un deuxième temps, les propos du parent.

Quel est le projet ?

Par mon comportement, par cette « indifférence apparente » à l’accompagnant, je cherche à signifier à l’enfant que c’est lui qui a priorité, c’est lui qui est « important » à mes yeux, dès ces premières minutes. Que c’est avec lui que je vais travailler, que c’est avec lui que je vais créer une relation.

J’étudie aussi la clarté des réponses qu’il donne : Sont-elles nettes ? Sont-elles accompagnées d’hésitation ? Sur la question : « avec qui vis tu ? », les réponses peuvent être très claires : « avec mes parents », ou bien « une semaine avec mon papa et une semaine avec ma maman… ». Mais aussi beaucoup plus floues :  Martin demande doucement à sa maman : « J’ai deux ou trois pères ? ».

 Les indices glanés lors de cet entretien, sont au même titre que l’anamnèse et la passation des tests, des éléments qui me permettent de connaître le sujet que je rencontre pour la première fois.

Procéder ainsi est – pour moi – une invitation, « un essai d’accroche » envoyé à l’enfant. Va -t -il s’en saisir ?

2 commentaires sur “Brève 18”

  1. C’est tout à fait vrai et c’est là qu’on s’aperçoit que l’enfant de 10 ans ne connaît pas sa date de naissance !!!!!

  2. Je commence aussi à m adresser à l enfant. Je lui demande aussi s il sait pourquoi il vient. Et c’est intéressant aussi de savoir ce que l enfant sait ou pas de la raison de sa venue. Et aussi la distance qui peut exister entre sa plainte, ou non plainte, et celle des parents
    Il m arrive aussi de couper un parent, avec le sourire, en disant que c’est à l enfant que j’ai posé la question 😉

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