Brève 10

Eviter de s’attacher au patient… Pourquoi?

Essayons d’expliciter…

Plus exactement l’orthophoniste aura en tête à chaque séance qu’elle peut être la dernière séance avec chaque patient. Ce qui ne l’empêche pas de construire une progression de rééducation. Mais en ayant en tête que cela peut être la dernière séance, elle laisse libre le patient, elle lui laisse son indépendance.

L’image de la vague peut illustrer ce phénomène. Plus la vague se retire vers le large, plus la personne sur la grève s’avance vers le large.  C’est le même mouvement : plus l’orthophoniste se retire, est à la disposition de son patient, plus le patient va « accrocher », avancer dans le travail proposé.

Si le patient a arrêté la prise en charge et a senti que l’orthophoniste le « vivait mal », il va ressentir un sentiment de culpabilité d’être parti et ne reviendra pas. Il retournera alors chez un autre collègue.  Mais si l’orthophoniste laisse partir le patient sans aucun pincement au cœur, sans avoir la sensation que c’est son patient, il reviendra (quelques mois voire quelques années plus tard) reprendre sa prise en charge.

2 commentaires sur “Brève 10”

  1. Avec le temps j’ai appris à laisser les patients libres de leurs choix, comme je demeure libre des miens. Certains bien sûr laisseront une empreinte plus profonde que d’autres, feront résonner une corde douloureuse ou heureuse. Comme toute rencontre, dans le cadre du soin ou dans la vie personnelle.
    Parfois ce n’est pas si simple. Accueillir mes propres émotions, et les empêcher de me parasiter, n’est pas toujours si simple.
    J’accompagne ce patient, mais qui m’accompagne, moi?

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